#11 Rencontre une autrice : Carla Hay

Bonjour tout le monde ! On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle interview. J'ai l'honneur de recevoir Carla Hay, qui au-delà d'être une autrice, est aussi une bonne amie. J'ai eu la chance de pouvoir bêta-lire son nouveau roman et je suis vraiment fière de son parcours et de voir Résiste-moi autant que tu peux dans les mains des lecteurs. C'est une très belle romance.

Qui es-tu ? 

↠ Présente-toi !

Moi, c’est Carla Hay, je suis designer graphique le jour et autrice de romance la nuit. J’ai 26 ans, je suis mariée et je vis en Suisse depuis 1 an et demi maintenant. J’écris surtout des romances psychologiques et Résiste-moi autant que tu peux est mon quatrième roman.

Son dernier roman

↠ Peux-tu nous parler de ton prochain roman Résiste-moi autant que tu peux ?


C’est une romance psychologique qui se passe à Minorque, dans les Baleares. On suit Alba Perez qui a repris la direction de Reverencia, une chaine d’hôtels de luxe qui appartenait à son père. Avant de laisser les rênes à sa fille, ce dernier décide de nommer Victor Garcia comme nouveau membre du conseil d’administration. Evidemment, Alba ne veut pas de lui, mais lorsque l’ex-fiancé d’Alba décide de se venger d’elle, elle se retrouve forcée de collaborer avec Victor. Bref c’est une romance d’été qui malgré des thèmes forts est remplie de tout ce que j’aime lire en tant que lectrice : des joutes verbales enflammées, beaucoup de soleil, de la tension, des rebondissements... 

↠ Tu y abordes des sujets difficiles comme l’avortement. Pourquoi ce choix ?

Initialement, ce roman devait parler surtout de précarité menstruelle et un peu d’avortement, mais à force de cogiter sur ce roman, je me suis rendu compte que pour parler corps féminin, de choix, de liberté, ce premier thème n’était pas forcément le plus pertinent même si c’est un sujet qui me tient énormément à cœur. J’ai donc pris un virage et décidé de me consacrer pleinement à l’avortement. On voit que dans notre société, la natalité est un sujet permanent. Il n’y a pas d’acceptation définitive que les femmes peuvent disposer de leur corps et tant que ce n’est pas acquis pour toujours, c'est important d’en discuter. En 2020, quand j’ai commencé ce roman, je n’imaginais pas que les USA empêcheraient des femmes d’avorter, je ne pensais pas qu’en France, en 2023, il pourrait y avoir des ruptures de pilules abortives et pourtant, c'est arrivé. Cela me conforte dans l’idée qu’il faut continuer de parler, sensibiliser, visibiliser le vécu des femmes.

↠ Faire passer des messages en romance semble te tenir à cœur. Pourquoi est-ce important pour toi d’en parler ?

Il y a une double raison. Déjà parce que ça me ressemble : dans la vie, le féminisme et l’écologie sont deux luttes qui me tiennent beaucoup à cœur. J’ai un parcours associatif, je n’arrive pas à rester insensible à ce qu’il se passe dans la société et pour moi, l’écriture est un champ d’action comme un autre. Puis, dans un second temps, pour moi la culture est une source d’inspiration et de changement énorme. Cela permet à des idées d’avancer, ça imprègne beaucoup plus qu’un discours d’une ONG. C’est donc ma façon de raconter le monde tel que je le vois et tel que j’aimerais qu’il soit.

↠ Par rapport aux polémiques sur les jeunes de 13 ans qui lisent de la Dark Romance, penses-tu avoir un rôle en tant qu’autrice sur les sujets que tu abordes dans tes romans ?

Oui. Mille fois oui. Si les maisons d’éditions, les distributeurs et les librairies ont un grand rôle à jouer dans ce qu’ils mettent entre les mains des plus jeunes, moi je trouve que j’ai aussi une responsabilité vis-à-vis de mes lecteurs.trices. C’est important de parler de consentement, de choix, d’handicap ou de dire à ceux.celles qui nous lisent qu’aujourd’hui, il est encore primordial de se protéger dans une relation sexuelle. Parce que je suis persuadée qu’en racontant des histoires, des parcours de vie, on raconte la vie, la vraie. En romance, on a souvent tendance en enrober les choses, à mettre plein de paillettes, mais en fait, c'est tout aussi important de sensibiliser sur ce qu’est vraiment l’amour, un rapport sexuel et de dénoncer les comportements toxiques ou illégaux que la pop culture nous a normalisé depuis que nous sommes gosses.  

Entre édition traditionnelle et auto-édition ?

↠ Ce nouvel ouvrage est publié en auto-édition, mais tu vas être publiée en maison d’édition. Pourquoi cette double casquette ? Quels sont les avantages et les désavantages selon toi ?

J’ai commencé mon parcours d’autrice en auto-édition. C’était ma façon de me lancer dans le grand bain en douceur, mais en 2022, j’ai eu la chance de signer aux éditions BMR. J’avais envie depuis quelques temps de tenter l’expérience en maison d’édition pour voir ce que donnait l’édition traditionnelle. Si au début, je voulais simplement arrêter l’auto-édition, je me suis rendu compte que les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. Être une autrice hybride me permet de développer mon lectorat, tout en continuant de proposer des romans plus engagés qui sont moins vendeurs pour les maisons d’éditions. De manière générale, l’auto-édition, c’est la liberté et une grande responsabilité. Tu as toutes les casquettes et la réussite de ton roman repose essentiellement sur ta capacité à produire un travail professionnel et à t’entourer des bonnes personnes. L’édition traditionnelle est peut-être plus contraignante quand tu aimes tout décider, mais je trouve que pour une personne comme moi qui se remet tout le temps en question, qui doute beaucoup de ses choix, la supervision d’un éditeur est rassurante. J’aime cet aspect d’être guidé qui me manque souvent en auto-édition.

↠ Comment se passe le travail en auto-édition ? Par qui es-tu accompagnée ? Comment ça se déroule au niveau de la communication, de l’éditorial ? 

Une fois mon roman terminé, j'ai la chance de pouvoir compter sur des betas lectrices de choc pour m'aider à perfectionner le texte, jusqu'à ce qu'il me convienne. Pour Résiste-moi autant que tu peux, j’ai fait trois réécritures au total puis le texte est partie en correction chez ma correctrice. Pour toute la partie communication, j’ai la chance d’être graphiste donc couverture, mise en page du broché, communication sur les réseaux sociaux, c’est la partie que je maitrise le plus. L’important c’est d’anticiper, de s’organiser pour ne pas négliger une étape et de s’appuyer sur des personnes compétentes lorsque ce n’est pas notre domaine de prédilection. 

↠ Tu as notamment publié avec Margherita Gabbiani, un carnet de dédicaces pour les fans de romance, pourquoi ce choix ? Qu’est-ce qui vous a inspiré pour réaliser ce projet ?

Avec Margherita, on préparait notre week-end au Festival New Romance 2022 et comme souvent entre nous, les idées peuvent partir dans tous les sens. Un jour, elle me dit qu’il faudrait grave imaginer un carnet de dédicaces pour toutes les nanas qui se ruent en salon. J’ai dû lui répondre un truc du genre “Chiche?” et une fois qu’on est rentrées du FNR à Nice, on s’est donné un mois et demi pour le sortir. Mes compétences de graphiste et les siennes de rédactrice nous ont permis de tout mettre bout à bout et on a tenu nos délais. On voulait imaginer un bel objet que les gens seraient fiers d’afficher dans leurs bibliothèques et quand je le regarde, quand je vois les gens qui nous identifiant avec sur Instagram, je crois que notre défi est plutôt un franc succès !

Pour le commander, c'est par ici !

Et dans le futur ?

↠ Et enfin, où est-ce que tu te vois dans 5 ans ?

J’ai envie de te dire exactement au même endroit et en même temps, j’aimerais continuer ma progression entre l’édition traditionnelle et l’auto-édition. Je n’ai pas forcément vocation à ce que l’écriture devienne mon activité principale déjà parce que je vis dans un pays où le coût de la vie est nettement différent de celui en France. Mais, en plus de ça, je n’ai pas envie de perdre toute la passion que j’ai pour l’écriture parce qu’il faut remplir le frigo. Alors dans 5 ans, j’aimerais avoir peut-être sorti dix nouveaux romans, j’aimerais un plus grand lectorat, j’aimerais y consacrer plus de temps, mais je voudrais surtout toujours autant aimer écrire.

C'est tout pour aujourd'hui !

J'espère que ça vous a plu et que vous laisserez une chance à ses romans, et notamment Cul-Sec et Chantilly, qui sort à l'automne 2023 chez BMR !

Calypso

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